Du jardin Bou Jeloud au parc Jnan Sbil

Longtemps, l’internaute qui cherchait à se renseigner sur l’histoire du jardin du Jnan Sbil à Fès, ne glanait que des bribes d’informations, toujours les mêmes, colportés de site en site : « Créé au 18e siècle par le Sultan Moulay Abdallah, le jardin “Jnane Sbil” joyau de la tradition arabo-andalouse, s’étend sur 7,5 hectares. » peut-on lire par exemple sur ces derniers. Moulay Abdallah est le sultan qui, lors d’un règne fragmenté, a fait construire la Kasbah de Dar Dbibagh, aux abords de laquelle s’est développée la ville nouvelle de Fès, kasbah dont j’ai parlé sur ce blog ici, ou encore à cet endroit.

Ce souverain, fils de Moulay Ismail, a donné son nom à la mosquée Moulay Abdallah, et par conséquent à l’ensemble du quartier, enceint de murailles, où elle se trouve, et dont l’histoire vous est racontée en détail ici, grâce à la retranscription d’une « Excursion-conférence des Amis de Fès à Moulay Abdallah, guidée et réalisée par Henri Bressolette, le 20 novembre 1950 ».

Mais notre internaute a de quoi se réjouir, car cette histoire se poursuit de manière beaucoup plus riche et informée sur un blog, récemment créé, consacré au patrimoine de Fès : « A l’ombre du Zalagh, Madinat Fahs« .

On y découvre les étapes importantes de l’aménagement de ce lieu magique, depuis son origine jusqu’à sa restauration de 2006 à 2010 : les travaux des sultans du XIXème siècle et du début du XXème siècle, puis en 1912, les tractations avec les colons français, la cession du jardin par le sultan Moulay Youssef au maréchal Lyautey, la décision en 1917 d’en faire un jardin public, l’étude du 20 mai 1927 dû à la main du paysagiste de la Résidence Zaborsky (dont le plan, non suivi d’effet, semble être celui reproduit sur cette page), la création en 1939 des bassins du jardin andalou par Zaborsky et Marchisio, l’organisation dans le jardin en 1940 – au début de la guerre – de la Foire de Fès, les travaux des années 50…

Cet exposé exhaustif, dont on aimerait connaître les sources afin de poursuivre la lecture, est encore approfondi par les souvenirs personnels de son auteur, natif de Fès…

Ce texte met en lumière les forces de ce joyau de verdure : l’élément aquatique d’abord, prodiguant, grâce à une vaste étendue d’eau et à des canaux ou séguias, de la fraîcheur aux promeneurs. Tout comme le fait l’ombre des frondaisons d’arbres immenses. Les plantations sont d’essences variées : une bambouseraie occupe l’ouest du jardin, des cactées ont été introduites récemment dans une parcelle du côté du palais Dar el Beïda, de majestueux jacarandas fleurissent en mai, une allée d’interminables palmiers se déroule au nord, géraniums et pensées ornent les parterres… Ces plantations se poursuivent encore aujourd’hui sous les auspices des jardiniers grâce à une pépinière installée entre la muraille et les palmiers, comme on le voit dans le numéro de la série de documentaires « Jardins d’ici et d’ailleurs » consacré au Jnan Sbil, présenté par Jean-Philippe Teyssier.

Laissez-vous guider dans le jardin à travers quelques clichés de ses principaux aspects.

Le lac intérieur est occupé en son centre par une petite île aux palmiers, sur laquelle se rassemblent souvent des pique-bœufs au plumage de nacre.

Non loin, un répartiteur divise les eaux de l’oued, créant une imbrication de retenues et autres canaux qui traversent le jardin.

L’un d’entre eux court jusqu’à une célèbre noria (qui est également évoqué sur le blog A l’ombre du Zalagh, Madinat Fahs).

En mai, les jacarandas sont d’un bleu-violet extraordinaire et les géraniums dépassent allègrement le mètre. Cela vaut le coup de lever le nez.

En revanche, toute l’année, les cactus restent imperturbables. Contrairement à certaines graminées.

Le jardin andalou et son dessin géométrique offrent une perspective, des parterres et des jeux d’eau tout à fait séduisants.

On a la surprise de découvrir au cœur du jardin des bambous touffus. Des haies de fleurs tapissent le sol.

Les palmiers guident les visiteurs vers la sortie, à travers des portes percées dans la muraille.

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Une réflexion sur “Du jardin Bou Jeloud au parc Jnan Sbil

  1. Bonjour,
    très belles photos de Jnan Sbil ; j’étais à Fès il y a une dizaine de jours et le jardin est vraiment magnifique en cette saison. Merci d’avoir mentionné mon blog dans votre article ! Les informations citées sont issues de coupures de la presse locale d’époque.
    Cordialement

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