Harfleur 1415 – Episode 3 – Un seul être vous manque…

Qu’est-ce qui vient après le 2 ? C’est le troisième épisode, non ? Oui, c’est ça, la suite… Nous avions laissé Henri V aux portes du prieuré de Graville, prêt à y faire un malheur.

Le prieuré de Graville

Le prieuré de Graville était autrefois isolé, perché sur le flanc d’une colline : aujourd’hui il a été englobé par la banlieue du Havre. Il se situe entre la côte où les Anglais ont débarqué et la ville d’Harfleur, sur le chemin de celle-ci. Il se visite, notamment son église romane, ainsi que le musée qu’il abrite, dont les maquettes de maisons anciennes à pans de bois confectionnées par Jules Gosselin font la célébrité.

Maquette de la maison du passeur, ancienne maison du Havre, par Jules Gosselin

Voyons maintenant Henri V dans ses œuvres à l’intérieur du prieuré.

 

Episode 3 : Un seul être vous manque…

Prieuré de Graville

La nuit. Les portes sont enfoncées. Une troupe de soldats, précédée du duc de Clarence à cheval, pénètre dans les bâtiments, l’église, le réfectoire… Quelques moines qui se cachaient sont débusqués et amenés devant le roi sans ménagement.

Campagne d’Harfleur, repaire de brigands

Les deux messagers gisent allongés sur le sol dans le coin d’une grange, pieds et poings liés. Peu après arrivent d’autres brigands de la même bande qui ramènent avec eux un soldat anglais qui ne cesse de gémir et de se débattre. Ils le jettent avec les deux autres. Ils fêtent les deux prises avec du vin.

Harfleur, prison

Raoul le dresseur et François le funambule s’emparent des deux gardes qui demeuraient dans la prison, terrorisés par l’ours, et leur lient les mains et les pieds. Charles les encourage de derrière ses barreaux. Il leur demande comment ils comptent faire pour le sortir de là. Ils cherchent les clés de la porte du cachot sur les gardiens mais ne les trouvent pas. Voyant cela, leur ami leur affirme que c’est le capitaine de la garnison, Jean d’Estouteville, qui les a. D’autres prisonniers les supplient avec véhémence de les libérer au plus vite. Les libérateurs les conjurent d’arrêter de faire du bruit.

Prieuré de Graville, réfectoire

Les derniers occupants du prieuré ont été réunis devant Henri V, dans la salle capitulaire, sous la bonne garde des soldats du duc de Clarence. Le roi demande où est le supérieur du prieuré. On lui répond qu’il n’est pas là, qu’il a quitté le prieuré quelques jours auparavant sans explication. Le duc de Clarence hurle qu’ils mentent. Les moines ajoutent qu’ils viennent de décider d’élire un nouveau prieur suite à la disparition de leur supérieur. Soudain apparaissent des moines convers : les soldats qui les encadrent annoncent qu’ils les ont trouvés alors qu’ils essayaient de se cacher au fond du cellier, dans un petit réduit. Ils sont poussés manu militari au milieu de la salle. Henri V annonce qu’il va poser une autre question et qu’il est dans l’intérêt des nouveaux venus de lui répondre sans tarder.

Harfleur, une ruelle

Fadéla et le garde marchent côte à côte. Celui-ci lui demande où ils vont : « Chut ! », lui répond-elle avec un sourire. Au coin de la rue, ils arrivent sur une toute petite place. Le garde l’arrête en l’attrapant avec la main et commence à l’enserrer dans ses bras. La diseuse de bonne aventure a du mal à se retenir de vomir en respirant l’haleine fétide de pochtron du garde. Il l’embrasse et elle tente de se débattre. Elle crie « Allez ! ». Arrivent alors deux autres saltimbanques qui se jettent sur lui pour l’empêcher de nuire. Ils se battent. Mais celui-ci est plus fort et les met tous les deux K.O. Il tente de se relever mais au même moment Fadéla le pousse et le fait basculer la tête la première, puis l’assomme avec une planche. L’homme s’écroule et Fadéla part s’enquérir de la santé de ses complices. Or, ce faisant, elle entend du bruit derrière elle et se retourne. Le garde s’est redressé à nouveau, et avec un regard haineux et farouche, les bras tendus en avant comme pour l’étrangler, se dirige lentement vers Fadéla.

Prieuré de Graville, réfectoire

Le duc de Clarence tient fermement un moine convers par ce qui lui reste de cheveux et a posé le fil de son épée sur sa gorge. Henri V dit qu’il va répéter une dernière fois sa question. Un jeune moine sanglote sur son banc. Le duc de Gloucester assiste à la scène avec un regard désapprobateur. Le roi demande où est la précieuse croix dorée du trésor de l’église du prieuré, car il veut la voir. Les chanoines assurent et prennent Dieu pour témoin que leur prieur l’a emmenée avec lui. Sur un signe du roi, le duc de Clarence égorge le moine convers. Le jeune moine se met à hurler.

Harfleur, prison

Un soldat qui passait par là a entendu du bruit aux abords de la prison et frappe à la porte. Personne ne lui répond. Il s’étonne de la trouver fermée. Il appelle ses collègues. A l’intérieur, la tension est à son comble. L’ours se met à rugir. Le soldat effrayé fait un bond en arrière et se met à s’époumoner pour appeler d’autres gardes en poste dans la garnison toute proche. A l’intérieur, Raoul donne un commandement à l’ours et celui-ci se jette contre les barreaux. Après plusieurs tentatives, il réussit à desceller quelques barreaux. A l’extérieur, le garde est parvenu à ameuter toute une troupe de soldats et de badauds. Derrière la porte d’entrée de la prison exiguë, les rebelles et les prisonniers libérés se regardent en se demandant comment ils vont pouvoir sortir.

Harfleur, petite place à l’écart du centre de la ville

Le garde marche lentement en grognant vers Fadéla dont le cœur s’emballe. Il l’agrippe par sa longue chevelure anthracite et la fait valser. Mais un inconnu surgit et s’abat sur le garde qui est réduit en charpie. Fadéla, à demi évanouie, est emmenée par son sauveur.

Harfleur, prison

Les rebelles ouvrent grand la porte et l’ours en sort en galopant et rugissant. A sa queue est attachée grâce à une corde une botte de paille enflammée. Les soldats sont effarés ; ils reculent. Les prisonniers et les rebelles sortent tout de suite après. Une bataille s’engage où plusieurs prisonniers sont massacrés. Raoul siffle son ours et coupe la corde qui lui est attachée ; il noue une autre corde dont il tient l’extrémité au cou de son animal et en courant de part et d’autre de la troupe, s’en sert pour renverser une partie des soldats. Puis il s’enfuit avec son fidèle compagnon. Charles donne quelques coups de poings et prend la fuite de son côté. François escalade la façade de la prison et disparaît derrière un mur. Quelques cadavres de prisonniers gisent sur le sol.

Prieuré de Graville

Tous les moines convers ont été égorgés. Le sol est souillé d’une vaste mare de sang dans laquelle la lumière des bougies de la salle se reflète. Le supérieur est introuvable. Henri V, lassé, demande si sa chambre a été préparée. Il dit qu’il va se coucher et commande avant de quitter la salle au duc de Clarence de ne pas laisser un seul des moines vivants.

Harfleur, auberge des Portugais

Les uns après les autres, Raoul et Charles, et les deux comparses censés protéger Fadéla frappent à la porte de l’auberge des Portugais. Ils sont accueillis par la tenancière Erika et par d’autres amis qui leur disent leur bonheur de les voir sains et saufs. Raoul demande si quelqu’un sait ce qui est arrivé à François. Charles a du mal à cacher son extrême inquiétude. Il arrive enfin. Tout à coup quelqu’un remarque l’absence de Fadéla : où est-elle ?

Campagne d’Harfleur

Jacques marche seul depuis un long moment dans la forêt et dans la nuit froide. Il s’est perdu. Il aperçoit de la lumière au loin. Il se dirige vers elle. C’est une vieille grange abandonnée. Il n’est pas rassuré, hésite mais poursuit son chemin. Arrivé à une cinquantaine de mètres du bâtiment, abrité derrière des frondaisons, il regarde plus attentivement : il voit des hommes qui boivent et trois autres allongés pieds et poings liés. Il reconnaît le blason d’Harfleur sur les habits de deux de ces hommes.

Paris, le Louvre

Catherine a été mandée par son père le roi Charles VI. Celui-ci affiche un visage qui respire l’épuisement. Il lui annonce qu’il a une très importante nouvelle à lui délivrer, importante pour elle et surtout pour la France. Son souci est avant tout de préserver la paix. Il lui fait ainsi part de sa volonté d’offrir sa main au roi Henri V, ainsi que certains territoires, afin de conclure une alliance. « Mais mon père, lui répond-elle, il vous a déjà fait cette offre et vous l’avez refusée ! Aujourd’hui, il nous menace d’envahir la France… » Charles VI, extrêmement contrarié, se laboure le visage avec la main.

A suivre…

Publicités

Faites-nous partager votre vision du Maroc !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s