Harfleur 1415 – Episode 2 – Sauver sa peau

Posted on 14 janvier 2010

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Harfleur 1415, ça continue… Je publie aujourd’hui le deuxième épisode.

J’ai commencé à rédiger cette histoire alors que j’étais en poste au Havre. Harfleur se trouve à quelques kilomètres de la ville :

Situation d'Harfleur

Elle possède quelques vestiges de l’époque médiévale – bout d’enceinte fortifiée, barbacane, église, ancienne auberge abritant actuellement le musée du prieuré… – qui m’ont permis d’offrir un décor réaliste aux personnages. Je me suis notamment inspiré d’une ancienne gravure représentant Harfleur et où vous retrouverez nombre des lieux décrits au cours du récit :

Les principaux lieux d'Harfleur

Episode 2 : Sauver sa peau

Chef-de-Caux, la plage de galets, 14 août

Le lendemain, à l’aube. Le débarquement a commencé. Sous le regard attentif du roi et de ses gentilshommes, les soldats anglais, cavaliers et archers, mettent le pied sur la plage de galets. Les bombardes sont sorties des cales, ainsi que d’autres armes de combat, et apportées sur le rivage sur des canots et des chaloupes. Les chevaliers partis en éclaireurs sont revenus la veille avec des prisonniers dont le jeune frère disparu. Ceux-ci sont sous bonne garde. Avec les renseignements rapportés par les éclaireurs, le roi établit avec son conseil un itinéraire pour parvenir jusqu’à la ville d’Harfleur. Il a appris qu’Harfleur est ceinte de puissantes murailles, entourés de fossés remplis d’eau, excepté à l’est, où le terrain est sec, en contrebas d’une éminence, le Mont-Cabert. Il faut traverser deux rivières pour atteindre ce lieu, le Saint Laurent et la Lézarde. Le roi décide de se rendre au Prieuré de Graville pour y établir son campement et y passer la nuit.

Harfleur

Les paysans affluent de toutes parts de la campagne alentour et gagnent la ville pour y trouver refuge ; parmi eux figurent l’aîné des trois enfants, Jacques, et leur mère. Ils demandent à tous ceux qu’ils rencontrent s’ils n’ont pas vu le jeune frère, mais personne ne peut leur répondre. Les trois principales portes de la ville sont sévèrement gardées, ne s’entrouvrent que pour laisser entrer les derniers réfugiés, on tire la lourde chaîne qui ferme l’entrée du port.

Harfleur, hôtel de ville

Les notables, dont le bourgmestre Jonas Toutain, s’entretiennent avec le capitaine de la garnison de la ville, Jean d’Estouteville. Ils énumèrent les résolutions à prendre pour organiser la défense. Ils doivent tout d’abord obtenir des secours. On décide de prévenir le seigneur de Gaucourt pour qu’il rejoigne la ville avec sa garnison. Il faut également envoyer un émissaire au Louvre, pour solliciter l’aide de l’armée royale postée à Vernon. Le bourgmestre charge le capitaine de choisir des hommes de confiance pour cette mission.

Harfleur, garnison

Un peu plus tard. Jean d’Estouteville fait mander deux hommes de confiance. Il leur confie la mission de prévenir respectivement le sire de Gaucourt et le roi, avec pour chacun comme escorte un unique soldat. Ils enfourchent leur cheval et se mettent en route immédiatement. Ils traversent les rues de la ville au galop et sortent par la porte de Rouen.

 Harfleur, hôtel de ville

Retour – un peu plus tôt – à la réunion des notables d’Harfleur avec le capitaine : on délibère en second lieu sur l’opportunité de rendre impraticables les itinéraires jusqu’à la ville : on va détruire plusieurs ponts et obstruer les cours du Saint-Laurent et de la Lézarde. On doit aussi fortifier la ville, édifier des barbacanes à chacune des portes de la ville et dresser des pieux pour protéger le port.

Harfleur, garnison

Un peu plus tard : le même capitaine choisit une compagnie de soldats, dont les deux soldats soûls entraperçus la veille, Henri et Robert, pour détruire les ponts et obstruer le cours des rivières.

Harfleur, hôtel de ville

A nouveau retour – un peu plus tôt – à la réunion des notables d’Harfleur avec le capitaine : il faut ensuite, décide-t-on, armer les citadins et préparer des armes de défense, mixtures, grenades… La réunion se termine sur les exhortations du bourgmestre, adressées à l’assistance, à se tenir prêt à vivre des moments difficiles.

Harfleur, prison

Le condamné à mort, Charles, croupit à nouveau dans sa prison où on l’a rejeté à la nouvelle de l’invasion anglaise. Sa sœur Fadéla, diseuse de bonne aventure, est venue lui rendre visite, grâce à la complaisance des gardes. Elle lui dit que par la grâce divine elle va le sortir de là. Soudain, ils entendent, sur la place principale, le son de trompettes qui annonce qu’un héraut va prendre la parole. Le prisonnier regarde et écoute par l’étroite fenêtre de sa prison ce qu’il va dire. Derrière celui-ci, il aperçoit Jean d’Estouteville.

Harfleur, place principale

Tous les citadins s’attroupent autour du héraut. Il est demandé à chacun de se préparer à la défense de la ville. Des volontaires sont demandés pour renforcer la garnison. Jacques et sa mère échangent un regard inquiet. Jacques glisse à l’oreille de celle-ci qu’il a peur et qu’il ne veut pas se battre. Des instructions sont ensuite données pour la confection d’armes défensives. Tous les citadins sont appelés à apporter leur contribution.

Les marais, près de Chef-de-Caux

Deux soldats anglais traînent péniblement une bombarde à travers les marais entre la plage des galets et le prieuré, leur destination. Leurs jambes s’enfoncent dans le sol spongieux. La zone qu’ils traversent est depuis longtemps fortifiée par de hauts talus de terre. Seules des ouvertures larges d’environ une coudée permettent de les franchir. Ils sont bientôt confrontés à une levée de terre. La bombarde s’immobilise. Elle ne passe pas, contrairement aux autres, par l’ouverture ménagée dans le mur de terre. Les soldats ont mal négocié son approche. L’un des deux soldats essaie de la soulever pour lui faire surmonter l’obstacle. Il y parvient, mais malheureusement est emporté par l’engin. Il se trouve coincé par la bombarde et commence à se noyer dans un trou d’eau. Son camarade pousse des cris pour alerter les autres. Un attroupement se forme. Le duc de Clarence arrive à cheval et est mis au courant, rejoint peu après par le duc de Gloucester. Arrive un autre soldat anglais, de la taille d’un géant, prénommé John. Alors que plusieurs soldats s’escriment à tenter de soulever la bombarde, il leur dit de s’écarter, et sous le regard médusé de l’assistance, parvient seul à soulever l’arme. Le soldat est sauvé, John est félicité. Mais le duc de Clarence ordonne froidement aux soldats de ne pas se préoccuper du pauvre hère et de poursuivre leur route. Le duc de Gloucester est révolté par ce commandement : il tance gravement son pair. Les soldats se dispersent, à part ceux qui poussaient la bombarde avec le blessé. Les deux nobles se séparent après s’être échangé des regards haineux. Une fois ceux-ci éloignés, John revient sur ses pas et charge le blessé sur ses épaules. Il l’installe sur la charrette qu’il conduit depuis le débarquement et continue sa route. Il passe devant le groupe de prisonniers à proximité. Le petit frère de Jacques le dévisage. L’Anglais lui fait un sourire.

A l’extérieur d’Harfleur, la campagne

A la tombée du jour. Le premier équipage qui se rend à toute allure chez le sire de Gaucourt est pris en chasse au détour d’un sentier par des cavaliers anglais. Ils sont rejoints. Ils se battent. L’un seulement, blessé et ensanglanté, parvient à prendre la fuite pendant que l’autre se bat à trois contre un pour permettre à son coéquipier de semer leurs assaillants.

Harfleur, une maison

La mère de Jacques est désespérée. Elle ne cesse de pleurer. Sa petite fille en fait autant dans un coin. Jacques tourne en rond, puis tout d’un coup s’habille pour sortir. Horrifiée, sa mère lui demande ce qu’il compte faire. Jacques répond qu’il ne peut pas rester à attendre là sans rien faire et qu’il part à la recherche de son frère. Il va retourner à leur ferme puis visitera l’endroit où il l’a perdu de vue.

Une auberge, sur la route de Paris

Dans la soirée. Le deuxième équipage, en route pour le Louvre, fait une étape dans une auberge pour se sustenter et changer de chevaux. Dans l’auberge, des individus louches se concertent discrètement à leur sujet. La soirée se passe dans la sobriété. Après la tombée de la nuit, alors qu’ils quittent l’auberge sous un brillant clair de lune, ils sont attaqués par une bande de voleurs de grand chemin. Ceux-ci les bâillonnent, les font prisonniers et les emmènent dans une carriole où ils les cachent sous des couvertures.

Harfleur, non loin de la prison

La nuit. Le montreur d’ours, Raoul et le funambule, François, complotent à quelques mètres de la prison dans l’obscurité. Ils attendent quelque chose. Finalement, ils voient Fadéla, la sœur de leur ami prisonnier, arriver et discuter avec le gardien posté à l’entrée. Elle lui détache ses clés de sa ceinture et au milieu d’un éclat de rire les fait tomber sur une motte de terre humide. Ils s’éloignent. Après qu’ils ont disparu dans une ruelle, les saltimbanques se précipitent vers la porte de la prison, l’ouvrent, font entrer l’ours et la referment derrière eux.

Le château du sire de Gaucourt

Le soldat du premier équipage, qui est en train de se vider de son sang, déboule dans la cour du château du sire de Gaucourt. Son cheval exténué et hennissant est encerclé par les soldats de ce dernier. Le cavalier, livide, exsangue, choit par terre.

Le Prieuré de Graville

Henri V et son armée arrivent aux portes du Prieuré de Graville. Celles-ci sont solidement fermées. Henri V demande au duc de Clarence de l’inspecter et de lui faire le compte exact des personnes qui y sont encore. Le duc de Clarence ordonne à ses soldats d’enfoncer la porte.

A suivre…

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