Harfleur 1415 – Episode 1 – Au commencement furent les voiles…

Voici le premier épisode d’un récit intitulé Harfleur 1415 et traitant du siège qui a asphyxié la ville l’année en question. Du point de vue de la présentation, il s’agit d’un « traitement », terme de technique scénaristique dont je retranscris immédiatement une définition glanée sur internet : « texte qui résume chaque scène, une par une et dans l’ordre, qui décrit toutes les actions, qui suit le récit pas à pas ; c’est une sorte de scénario sans dialogue ; c’est la dernière étape avant la continuité dialoguée ».

Je publierai régulièrement de nouveaux épisodes. Ô lecteur de passage, toi qui as daigné poser tes yeux sur cet humble écrit, n’hésite pas à me faire des remarques constructives, qu’elles soient d’ordre historique ou scénaristique.

Episode 1 : Au commencement furent les voiles…

 

La proue d’un bateau traverse un banc de cygnes.

Les falaises, le 13 août

Le matin. Un jeune homme, prénommé Jacques, son jeune frère d’une dizaine d’années et leur petite sœur, âgée seulement de quelques années, encadrent un troupeau de moutons sur le chemin du pâturage. Ils plaisantent et rient.

Harfleur, place principale, au bord de la Lézarde

Une vive animation remplit la ville. Des commerçants interpellent les passants depuis leur étal. Des jongleurs et acrobates se donnent en spectacle. Un son de trompette se fait entendre. Un héraut apostrophe la population. Les gens l’écoutent. Un jongleur ambulant, condamné à mort, est conduit à la potence par ses bourreaux, sous les yeux pleins de larmes d’une diseuse de bonne aventure, sa sœur. Suivent les notables de la ville. La femme réussit à s’approcher de lui et lui dit en pleurs à quel point elle l’aime. Elle est rudement écartée par des soldats.

Harfleur, auberge des Portugais

Un groupe de soldats se trouve à une table autour de verres de vin. Ils sont saouls. Ils sont tristes. Ils parlent de guerre. Ils se chamaillent à propos des capacités militaires des Anglais. Deux d’entre eux en viennent aux mains. La cabaretière, une forte femme, les sépare. Elle les chasse de son auberge.

Les falaises

Les deux frères et leur sœur font la sieste après avoir déjeuné dans le pâturage. Le garçon d’une dizaine d’années se lève le premier. Il se rafraîchit avec l’eau de sa gourde. Il réveille son frère en l’aspergeant avec un peu d’eau. Son frère est en colère et se met à le poursuivre sans relâche, dans la prairie au bord de la falaise. Ils piaillent et chahutent. Leur petite sœur est à son tour éveillée par le bruit qu’ils font. Elle les appelle et leur montre du doigt la mer. L’horizon est barré d’une forêt de voiles blanches, 1600 navires.

Paris, le Louvre

Isabeau de Bavière déambule dans les couloirs du château pour se rendre auprès de sa fille Catherine. Elle entend tous les gentilshommes du royaume discuter de l’ultimatum arrivé à échéance du roi Henri V et du danger imminent d’une invasion. Ils supputent l’endroit où les Anglais débarqueront et hésitent entre le Cotentin et Calais, place forte anglaise. Tour à tour, son fils Louis, le dauphin, puis Jean, duc de Berry, tentent de lui parler. Elle les écarte de son chemin. Elle trouve Catherine absorbée par la lecture d’un livre d’heures magnifiquement enluminé. Isabeau s’assoit tout près d’elle, lit en même temps qu’elle l’ouvrage, puis pose sa main sur la tête. « Peut-être aurions-nous mieux fait de céder aux exigences du roi d’Angleterre et te marier à lui… », lui chuchote-t-elle en lui caressant les cheveux. Catherine la regarde en retour avec des yeux interrogateurs.

La plage

Deus des soldats expulsés de l’auberge, Henri et Robert, décident de passer l’après-midi et de finir leur vin sur la plage. Ils sont pris en chemin par un paysan sur sa charrette. Ils continuent leur dispute tout au long de la route, bouteille à la main. La charrette arrive aux abords de la plage. Le paysan s’arrête. Les deux compagnons s’en aperçoivent soudain et lui demandent ce qu’il se passe. Tous contemplent médusés le spectacle des 1600 navires qui barrent l’horizon.

Flotte anglaise, navire « La Trinité »

Henri V communie sur le pont de son bateau en compagnie de ses gentilshommes. Ses troupes sont elles aussi en prière. Il revêt son armure. Il observe les côtes françaises qui se rapprochent, en tenant un chapelet dans la main. Il observe la localité appelée Chef-de-Caux où il souhaite aborder. La bannière de conseil est hissée. On lui demande s’il faut commencer le débarquement. Il répond que non. Interdiction formelle est faite de descendre des bateaux avant le lendemain matin. Il demande à ce qu’un groupe de cavaliers soient simplement envoyés comme éclaireurs. John de Holland est à la tête de ce groupe de cavaliers. Le roi d’Angleterre réunit et harangue avec ferveur les soldats qui se trouvent sur le bateau. Cette expédition, clame-t-il, n’est que la première étape d’une longue croisade contre les Turcs.

Harfleur, place principale

La diseuse de bonne aventure, Fadéla, qui ne peut regarder plus longtemps le spectacle que lui offre son frère prisonnier, Charles, s’échappe en courant de la foule des badauds. Elle se heurte à un individu. Elle le connaît. Elle le supplie de sauver son frère. Il lui dit de le laisser tranquille. Elle s’enfuit désespérée. L’autre va retrouver des compagnons et leur demande s’ils sont prêts. Il s’approche d’un ours et lui parle à l’oreille en le caressant.

Les falaises

L’aîné des trois enfants dit qu’il faut se rendre le plus rapidement possible à la ville pour prévenir les habitants. Ils se mettent en chemin à marche forcée. Des cavaliers anglais surgissent des sous-bois et se dirigent vers eux. L’aîné prend sa sœur dans un bras et son frère par l’autre main et se met à courir. Les enfants s’enfuient et s’engouffrent dans les sous-bois. Ils sont poursuivis, l’aîné est contraint de lâcher la main de son petit frère, ils se séparent. L’aîné perd de vue son frère, sa sœur pleure. Ils dévalent une ravine où ils se cachent.

Harfleur, place principale

Le condamné est sur une estrade avec le bourreau. Celui-ci lève sa hache et est prêt à l’exécuter. Un ours fait irruption dans la foule en rugissant. Le bourreau et les soldats sont pris pour cibles avec des cailloux et assommés. Un fil est tendu entre deux maisons opposées de la place. Un funambule avec un couteau glisse sur elle jusqu’au condamné qui lève en l’air ses poignets entravés. Le funambule parvient presque à détacher son ami. Mais d’autres soldats arrivent et font fuir l’ours. Le funambule, dont le fil a été coupé, fait de même dans le sillage de l’animal. L’exécution se poursuit. L’homme est à nouveau sur le point d’être décapité.

Une ferme

L’aîné arrive chez sa mère. Il la prévient de l’arrivée des Anglais. Elle le questionne sur son frère, il répond qu’il ne sait pas ce qu’il est advenu de lui. Il lui laisse sa sœur. Il prépare un cheval. Il se rend à la ville. D’autres arrivent aussi, venus des alentours dans le même but.

Harfleur, place principale

Le bourgmestre, Jonas Toutain, donne le signal de l’exécution. Le bourreau soulève sa hache. Des individus arrivent et mettent la population au courant du rassemblement des 1600 navires. Celle-ci est prise de panique. L’exécution est interrompue. Le bourgmestre donne des instructions. Il faut accueillir la population des alentours et préparer la défense de la ville.

Même ferme

Un peu plus tard, l’aîné rejoint sa mère dans leur ferme. Il l’interroge. Elle lui dit que son frère n’est pas encore rentré.

A suivre…

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