L’avenir de la rue des Carmes à Orléans ?

Posted on 10 juin 2009

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Comment peut-on imaginer détruire une rue vieille d’au moins deux siècles sur la moitié de sa longueur, et ainsi de faire béer au milieu d’un tissu urbain chargé d’histoire une blessure qui ne se refermera pas ? Comment surtout peut-on l’imaginer quand, après avoir connu le quartier Bourgogne lorsqu’il était délaissé et stigmatisé, on le redécouvre aujourd’hui, se promenant sur ses places avenantes et à l’ombre des façades requalifiées de ses immeubles ?

Cette rue, une fois perdue, ne se retrouvera plus. On parle de mort, d’un événement définitif et irréversible. De la perte d’un patrimoine précieux. On ne reverra plus ses façades à pans de bois ; ses murs de pierre taillée disparaîtront, ses caves aux voûtes médiévales anéanties pour toujours…

Pour quel motif ? Quel projet ? Quelle ville ? Faut-il que les voitures aient la priorité sur tout, sur ce qui est le plus humain et le plus vénérable, quand elles sont de l’avis de tous une nuisance pour l’air, les oreilles, l’espace, quand tant de discours actuels pointent du doigt leur rôle dans la dégradation d’un environnement dont tous appellent de leurs vœux la restauration ?

Sacrifier à la voiture des immeubles du XVe siècle ? Qui peut décider d’effacer de la surface de la terre ces précieuses traces, ce ciment de l’histoire commune des Orléanais ? Leurs représentants élus.

Ne sont-ils donc pas aveugles ceux qui ne pressentent pas ce que pourrait devenir la rue des Carmes, si à l’instar du quartier Bourgogne, on lui redonnait le lustre qu’elle mérite, quel espace attractif, quelle jolie promenade, quel vivant centre de commerces, quelle fierté enfin pour la cité elle pourrait devenir ?

Soyons optimistes. Comptons sur la raison des responsables, leur mémoire de toutes les erreurs passées, leur volonté d’en tirer une leçon, pour qu’ils ne s’obstinent pas à tuer une histoire riche et authentique en faveur d’un présent superficiel et jetable, mais au contraire pour qu’ils restent les garants d’une mémoire collective et d’une beauté sacrée qui doivent être les appuis contre lesquels nous appréhenderons l’avenir.

 

Ce qui va peut-être être rasé, après mise en valeur

Ce qui va peut-être être rasé, après mise en valeur

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