Sidi Ifni, ville assoupie

Posted on 5 avril 2008

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A Sidi Ifni, une station balnéaire est sortie de terre dans les années 30, juste au bord de la falaise, le regard dirigé vers la mer. Ce sont les Espagnols qui l’ont construite, et avec des villes comme Larache ou Tétouan, elle est un témoin de l’architecture du protectorat espagnol. La ville gagne son indépendance en 1969.

Autour d’une place circulaire s’enroulent des bâtiments coloniaux, recouverts d’une couleur bleue caractéristique que l’on retrouve à Larache, des constructions de styles divers qui vont du néo-classicisme au régionalisme, style rappelant les ksour du sud marocain.

 

 

 

 

Le marché central est lui aussi une évocation de cette architecture traditionnelle de terre. Le centre de la place est occupé par un jardin : les frondaisons, les pergolas bleu ciel et les fontaines de zelliges vert d’eau en font un lieu très accueillant. D’autres bâtiments de la période sont disséminés sur le front de mer, comme cet hôtel dont la forme imite la proue d’un paquebot, ou un peu plus loin, entre la place et les collines, où la ville, ensommeillée, se prolonge.

 

 

 

 

En effet Sidi Ifni, lorsqu’on y débarque, semble endormie. Les rue sont désertes, les maisons aux volets fermés semblent inoccupées, impression que renforce encore l’état dégradé de certaines façades. Seul le marché central et les cafés attenants jouissent d’une certaine animation.

 

 

 

 

 

Arrivé à l’hôtel, après avoir posé mon sac dans la chambre, je suis monté sur la terrasse, j’ai déjeuné et je suis resté un très long moment à profiter de la mer, de l’horizon, du ciel et du vent. La terrasse de l’hôtel est protégée par une robuste balustrade dont chaque balustre, suite à la pose successive de multiples couches de peinture, disparaît derrière une écorce rugueuse  bleue comme la mer et le ciel. Des barres d’ombre et des faisceaux de lumière rayent le sol sous la pergola. J’avais l’impression d’avoir atteint le bout du monde, rescapé d’un long voyage avec quelques uns, les autres occupants de l’hôtel, qui tous me rappelaient les héros et héroïnes, hauts en couleurs et originaux, des romans d’Agatha Christie.

 

 

Ensuite, je suis allé me promener sur la plage. A quelques mètres de l’hôtel se dresse un phare un peu trapu. Juste devant – chose merveilleuse – un enfant était en train de déployer tous ses efforts pour tenter à l’aide d’une binette de retourner la terre sèche d’un petit espace carré. Merveilleux de voir cet enfant si jeune prendre la responsabilité – de façon spontanée ? – de cultiver un coin de terre laissé à l’abandon, de le transformer pour en faire quelque chose de plus beau, de se l’approprier et de l’amender.

 

 

Une rampe de terre conduisait à la plage derrière le phare. Surprise – et déception – de constater que la falaise, et à ses pieds la plage, sont jonchées de détritus. Mais on les oublie vite une fois que l’on marche sur le sable, avec le bruit des vagues dans les oreilles, et le miel des couleurs qui vous coulent dans les yeux. Plus loin la plage rejoint une petite colline où l’on aperçoit un marabout. Quelques jeunes jouaient au foot sur le sable ou bravaient le danger de la houle pour faire du surf.

 

 

 

Le soir même, au bord d’un vers de thé, il m’a été offert de voir l’un des plus beaux couchers de soleil de mon séjour au Maroc, le pays du soleil couchant.

 

 

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