Taroudannt : des murailles majestueuses, un petit souk et la donzelle gore

Posted on 29 mars 2008

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Après que le taxi eut vaillamment franchi le Tizi n’Test, il me laissa à Taroudannt. Je me dépêchai de trouver mon hôtel, car je voulais profiter d’une balade en calèche avant que le soleil ne fût couché. Je trouvai sans peine l’hôtel des Saadiens, à la jolie décoration intérieure de stucs. Cet hôtel date des années Hassan II et a gardé un petit côté eighties. Comptoir d’accueil en formica, chambres spacieuses, séduisante vue sur les montagnes depuis la terrasse le jour et splendide voûte anthracite étoilée de feux de Bengale la nuit, grand restaurant panoramique au même niveau, et au rez-de-chaussée piscine bordée de quelques palmiers où j’ai pris un fort agréable petit déjeuner au frais. Voilà pour l’hôtel, qui m’a marqué.

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Après m’être enregistré à l’hôtel, je me précipite donc sur un taxi pour me rendre à l’endroit que mon guide indiquait comme étant le point de départ des promenades en calèche autour des murailles. Il était déjà tard. Je montai pourtant dans un carrosse délabré pour un tour. Au départ, les murailles sont tout à fait spectaculaires, épaisses, crénelées, hautes, brunies par le temps… Puis plus loin une autre portion offre un autre visage : elles sont effroyablement fissurées, voire effondrées, en raison du fameux tremblement de terre qui détruisit Agadir en 1960 et qui eut des conséquences jusque-là.

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Le véhicule stoppa une minute et son conducteur descendit pour me montrer une cavité au fond de l’oued asséché où selon lui on avait tourné le film Ali Baba et les 40 voleurs avec Fernandel. Si mon guide de poche confirme l’information que ce chef d’œuvre absolu du 7ème art a bien été filmé dans la région, je doutai d’emblée qu’il l’eût été dans le terrier à lapins qu’on me montrait. Il y aurait beaucoup à dire sur la formation des guides marocains dont les exposés sont malheureusement parfois un peu légers, faute d’ailleurs sans doute d’études historiques approfondies sur lesquelles ils pussent s’appuyer. Passons.

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De l’autre côté de la ville, de très nombreuses petites maisons – des « maisons berbères », me dit le conducteur – étaient construites et habitées au pied des murailles. Elles sont basses, construites en terre peut-être, aux formes et au profil doux, joliment blanchies à la chaux aussi. Le conducteur m’expliqua que les maisons allaient être détruites par la wilaya pour mettre en valeur les murailles, en souriant et avec fierté, sans doute parce qu’il pensait me faire plaisir en me montrant que l’on prenait soin de ce patrimoine. Mais je trouvai cela dommage. Les maisons sont une part des murailles et elles rendent la visite de ces dernières moins uniforme, ainsi plus variée et riche. Ensuite, la fin du tour était décevante, car il faisait presque nuit.

Le lendemain, je visitai rapidement le petit souk, où je repérai deux portes anciennes avec un arc chevronné, et un autre polylobé.

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Je traversai la place al Alaouyine, qui s’anime, dit-on, le soir comme une petite Jemâa el Fna, avec des conteurs et des dresseurs d’animaux, mais je ne l’ai pas vu.

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Je me rendis ensuite à la Casbah et découvris avec satisfaction qu’elle conservait une porte fortifiée, en chicane, à multiples passages qu’empruntent moult vélos, dont le premier était pourvu de portes babyloniennes, tout à fait intéressante et impressionnante, dont je pris une salve de photographies.

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Taroudannt est surtout célèbre en France – dans les milieux où on s’autorise des choses – et ici au Maroc, car chaque année à la même époque, celle des grands froids européens, elle accueille pour l’hivernage le couple Chirac, qui s’y retire dans un lieu isolé caché par une forêt d’orangers dont je ne rappelle pas le nom exact mais qui est quelque chose comme « la Donzelle Gore ». Le lieu s’appellerait ainsi car un jour, se rappelle-t-on, une jeune fille y aurait perpétré un inconcevable massacre d’agrumes. Cet hiver, j’ai même pu lire dans Tel Quel que le convoi ex-présidentiel après son atterrissage avait bien parcouru la grosse centaine de kilomètres qui sépare l’aéroport d’Agadir de la « Donzelle Gore » ! Si vous allez vous promener du côté de Taroudannt en hiver, la Corrèze au Maroc, n’oubliez pas vos jumelles…

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