L’architecture coloniale : un problème de hauteur ?

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Cette photo a été prise à Larache. A gauche, un immeuble en construction, à 15 pas de la corniche, aura une belle vue sur la mer.

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A droite, une antiquité, mais une belle pièce de l’architecture coloniale. Sa façade est remarquable : elle est ornée de niches, blasons, écussons et enfin coquilles rappelant les consoles voisines qui soutiennent des balcons aux balustres généreux. Elle est flanquée d’une tour surmontée d’un toit à quatre pentes recouvert de tuiles vernissées vertes, dont le dernier étage est signalé par une colonnade aux fûts renflés. On retrouve les mêmes colonnes de part et d’autres des baies cintrées du deuxième étage qui sont aussi protégées par un auvent faisant office de larmier, soutenu par une rangée de solides corbeaux.

Cette photo ne vous évoque-t-elle rien ? Ne remarquez-vous pas une anomalie ?

Des deux bâtiments, le deuxième ne fait à l’évidence pas le poids devant le premier. Mis en concurrence, il manque à l’auguste ancêtre plusieurs tailles pour pouvoir rivaliser avec la nouvelle génération. Jusqu’à en en être complètement écrasé. Cette photo est symptomatique d’un affrontement déloyal et sans merci qui se déroule dans le parc immobilier marocain.

Eh oui, aujourd’hui, à l’heure de la rentabilité, on construit des bâtiments toujours plus hauts, on empile toujours plus d’appartements les uns sur les autres, et les vieux se ratatinent et souffrent.

Et parfois disparaissent. C’est d’ailleurs ce qui a failli arriver à un très bel immeuble du protectorat, à Rabat, place Pietri en face de la cathédrale, à l’angle des rues Ghafsa et Patrice Lumumba. Il a été édifié dans les années 20 par les architectes Laforgue et Graslin. Sa façade est bien singulière : sur toute sa longueur elle ondule gracieusement telle une courbe sinusoïdale sur le cahier d’un écolier.

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Mais ce n’est pas arrivé. Que s’est-il passé ? Une vaillante architecte marocaine a pris fait et cause pour lui, l’a sauvé, à une (ou deux) modification près : il a été décidé (entre autres) de le surélever d’un étage. Il abrite aujourd’hui l’Agence pour l’Aménagement de la Vallée du Bouregreg.

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D’autre part, si vous vous promenez dans le quartier Océan, vous tomberez peut-être sur un pâté de modestes maisons, qui tranchent avec l’élan vertical des constructions environnantes.

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Elles ont peu d’atouts à faire valoir. Si ce n’est la mémoire d’une époque, la marque qu’elles sont dans le paysage urbain de la variété de son histoire et de son urbanisme. Vivent la diversité et la différence !

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Une réflexion sur “L’architecture coloniale : un problème de hauteur ?

  1. Merci pour votre site.
    J’ai utilisé des infos qui y figurent pour une présentation.
    C’est vrai que l’architecture coloniale, c’est un problème de hauteur, à Manille, c’est encore pire, les immeubles récents y sont bien plus haut et les bâtiments anciens restant suite aux bombardement japonais sont rares.

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