Ça fond comme neige au soleil

Ce n’est pas une nouvelle : les beaux restes de l’architecture du Protectorat au Maroc sont menacés ! Désaffection, temps qui passe et surtout pression immobilière : les écueils auxquels elle est exposée et entre lesquels elle est ballottée ne manquent pas.

Tenez : en mai dernier, avec quelques amis, nous nous promenons dans le quartier Hassan, près de la place de l’Union africaine, nous nous arrêtons près d’un immeuble au profil typique (des années 40 ?), que j’avais repéré auparavant. Ce n’est plus qu’une coquille vide, les fenêtres béent sur rien, l’encadrement a été cassé, mais saillent pourtant encore de très beaux balcons aux élégants balustres (semi-circulaires au premier étage ; rectangulaires au deuxième). Il est en sursis, et nous voyons qu’il est sur le point d’être rasé.

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En septembre, je vais refaire un tour au même endroit. Cette fois-ci : plus d’immeuble du tout. A la place, une immense fosse et un début d’échafaudage. Je ressens beaucoup d’amertume devant le spectacle du rouleau compresseur de la spéculation foncière en pleine action qui écrase un petit morceau du patrimoine (d’aucuns diront partagé avec la France) marocain.

Pour un temps bref, les passants pourront examiner la façade arrière de l’ancien lycée Gouraud, actuel lycée Hassan II. J’ai pris quelques photos. Une maigre et éphémère compensation.

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Aujourd’hui, après seulement quelques mois, le futur immeuble flambant neuf a poussé. Les conditions étaient favorables à sa croissance.

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On aperçoit encore le lycée Gouraud, à gauche : voici une vue générale, pour bien se rendre compte.

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Un peu partout dans Rabat – immeubles, villas grandes ou petites – quelques fleurs fanées de la période coloniale résistent encore, à la dérive, avant bientôt de se liquéfier sous le feu de la « modernité ».

Avenue El Moqaouama

Quartier Océan

Au nord du Jardin d’Essais
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Une réflexion sur “Ça fond comme neige au soleil

  1. J’aime beaucoup la poésie du propos, le ton que vous prenez à décrire avec humour ces tragiques disparition dans la ville, ces trous qui favorisent l’amnésie et aussi cette forme de rabotage des sensibilités au nom d’une pseudo réactualisation du bâti. Or, oui, nous avons, dans ce pays, un problème avec l’échelle d’un bâtiment et avec son contexte.

    En fait, il est très rare qu’un client qui a déjà beaucoup de sous pourtant comprenne ce que signifie dimension architecturale d’un projet (qu’il gagnerait à conserver un monument historique en terme de pub à terme), et il est trop rare aussi qu’un architecte, ait le courage de le signifier au client. Nos villes trépassent définitivement, et si pour Rabat, il se levait un Rabat-mémoire à l’instar de ce qui s’est mis en place à Casa ? Avant qu’il ne soit trop tard ?

    Amicalement

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