Ouled Driss – Zagora / la palmeraie

Posted on 4 avril 2007


En arrivant à Zagora par le bus CTM, j’avais eu un aperçu fugace et extérieur de ce que pouvait être la palmeraie. Elle m’était alors apparue comme une explosion de verdure qui s’écoulait en une fluide nappe le long de la rivière. Nous dépassions de temps en temps un douar qui éclosait sur le bord du chemin. A mon grand regret, je constatais que cette architecture de terre était occasionnellement mitée par des pans de murs construits de vulgaires parpaings.

Après les champs de dunes, le reg, après l’ascension dantesque du djebel Bani d’où nous apercevions distinctement l’épaisse et sombre chevelure de la vallée du Draa, nous nous sommes rapprochés progressivement de la palmeraie. En contrebas d’une éminence où se dressait un piètre château d’eau, se lovant contre elle comme un serpent assoupi, nous sommes tombés sur l’oued, et au-delà sur un petit village de terre avec sa mosquée.

 

ouled-driss-zagora2-022-1.jpg

 

ouled-driss-zagora2-022-2.jpg

 

Nous avons alors commencé une promenade dans la palmeraie dont la profusion et la fertilité n’avaient d’égal que l’isolement et l’aridité du désert. Une myriade de parcelles délimitées par des murets de terre se pressaient contre les troncs des palmiers.

 

ouled-driss-zagora2-022-3.jpg

 

Chacune d’elle était un petit Eden et portait ses fruits particuliers, recouvrant sa surface d’un tapis vert tendre ou jaune éclatant.

 

ouled-driss-zagora2-022-5.jpg

 

ouled-driss-zagora2-022-6.jpg

 

Après la solitude du désert, nous avons rencontré une foule d’habitants, travaillant à irriguer leurs jardins ou à en exploiter les richesses. Les femmes se voilent de noir, et leurs voiles noirs sont brodés avec des fils de couleurs vives, de symboles décrivant l’univers de la vallée : l’oued, les palmiers, le puits, les étoiles, le soleil…

 

ouled-driss-zagora2-022-4.jpg

 

Je me souviens de mon guide me désignant la tour d’une magnifique kasbah aux motifs géométriques, m’expliquant, en appuyant solennellement sur ce mot, qu’elle est « qadim », c’est-à-dire « ancienne », et en même temps d’un groupe de jeunes, perchés sur la terrasse de cette même kasbah, se moquer doucement de nous, du guide et de son touriste sorti de nulle part, en reprenant en chœur le fameux « qadim ».

 

ouled-driss-zagora2-022-7.jpg

La palmeraie est un havre. On pénètre dans un antre de fraîcheur qui tranche avec la rude chaleur du désert. On y parcourt un dédale de chemins de terre où l’on rencontre des femmes tout en noir, des jeunes en cyclomoteur, un âne bâté et son maître, un touriste en méharée et son guide.

Advertisements
Posted in: Aventure