Ouled Driss – Zagora / Le reg

Posted on 2 avril 2007


Vous êtes nombreux sans doute à avoir entendu parler dans vos cours de géographie du « reg » : moi je l’ai foulé de toute la largeur de mes pieds. Le trek dans le désert, un moyen infaillible de progresser en géo. Mais qu’est ce donc que le « reg » ? Une vaste étendue caillouteuse.

 

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Des galets polis par le vent et le soleil le parsèment comme les coquelicots un champ herbeux. Mon guide faisait une pause de temps en temps et scrutait le sol : il cherchait des météorites. Un peu avant, quand nous traversions les dunes de sable, il a plongé ses mains dans l’une d’entre elles où il avait aperçu des traces, pour tenter d’en ressortir – en vain – un « poisson des sables ». Des météorites, il n’en a point trouvé non plus. Mais plus tard, il s’est penché et s’est relevé avec dans les mains une hache de pierre. Richesses du désert.

 

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Nous avions comme décor et point de repère le djebel Bani, une barre montagneuse d’allure pharaonique, d’abord devant nous, puis derrière nous. Entre-temps nous étions sur elle.

 

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Nous déjeunions à l’ombre d’acacias. Les acacias sont hérissés d’épines. Nous fûmes même bercés lors d’une halte un après-midi, par le bêlement de petites chèvres qui crapahutaient à proximité.

 

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Le soir, au moment de le ramasser, il ne fallait pas se tromper de bois, car alentour il s’en trouvait une certaine sorte en abondance qu’il était pourtant impossible d’utiliser car sa combustion dégageait un gaz nocif. Les dangers du désert…

Quels souvenirs, ces moments passés au clair de lune, ce laps de temps aussi avant que la lune ne se fût levée, où la voûte étoilée fleurit comme un feu d’artifice au dessus de nos têtes. Puis la lune faisait son apparition, annoncée par un faible halo rosâtre, elle-même jaunâtre, et éclipsait toutes ses compagnes célestes.

 

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Le silence au coucher du soleil n’avait d’égal que celui du lever…

 

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Le quatrième jour, Mbarek me réservait une surprise. Il s’est mis à creuser dans le sable. Il y a aménagé une cavité bien ronde et y a fait brûler du bois. Dans un large plat, il avait préparé une pâte légère et ferme. Je me suis laissé séduire par le chant des sirènes d’un puits distant de quelques centaines de mètres, avec l’eau duquel, à température idéale, j’ai pris une douche matinale et d’une exquise fraîcheur. Quand je suis retourné au bivouac, Mbarek m’a dit de prendre mon appareil photo, puis à l’endroit où il avait fait brûler le bois, où s’élevait un petit monticule sablonneux, il a fait surgir avec la pression d’une simple baguette de bois, un magnifique pain : le « pain des sables ».

 

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Posted in: Aventure