El Jadida, la “nouvelle” perle de l’Atlantique

J’ai continué mon exploration du Maroc et de ses innombrables richesses. El Jadida est un petit bijou sur la côte atlantique, à 90 km au sud de Casablanca. Il subsiste de nombreux vestiges de la ville ancienne, lorsque les Portugais au XVIième siècle occupaient les lieux et avaient ceint la ville d’épaisses murailles. A l’intérieur, c’est une élégante synthèse entre une médina et un centre baroque. De vieux carreaux de céramique restent accrochés aux murs, des encadrements de portes et des balcons classiques ornent la façade de vieux immeubles qui défient le temps… Le tout est dans un état de décrépitude assez avancé, ce qui ajoute encore au charme de la ville. Cependant il convient de s’alarmer une seconde et de souhaiter que la ville fasse l’objet d’une petite rénovation avant qu’elle ne passe de l’état de décrépitude à l’état de disparition.

eljadida04022007-018-6.jpg

 

eljadida04022007-018-4.jpg

 

El Jadida est un des six sites choisis par le Maroc sur le littoral pour y construire une vaste station balnéaire dans le cadre d’un projet appelé « Azur ». Il espère attirer de nombreux touristes, dont les devises contribueront peut-être – inch Allah  – à la renaissance de ce patrimoine.

De l’extérieur quand on arrive, derrière le murailles, on aperçoit un certain nombre de tours : un minaret, deux clochers, la tour de la synagogue : ici les religions ont vécu en harmonie pendant de longues années (je n’y étais pas, mais en tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’elles ont cohabité).

eljadida04022007-018-1.jpg

 

 

eljadida04022007-018-3.jpg
 eljadida04022007-018-2.jpg

 

J’ai fait le tour des remparts dont les bastions ont été reconstruits quelques dizaines d’années après que la ville eut été reprise aux Portugais par les Arabes. Les premiers, en effet, avant de prendre la fuite et d’abandonner la ville aux derniers, ont fait sauter ces bastions, on ne sait si c’est avec regrets. Depuis le bastion de « l’Ange », on a une très belle vue sur la ville et son petit « jardinet architectural » (© J-Y C. ; l’expression est de moi) d’un côté, et sur l’océan de l’autre.

 

eljadida04022007-018-7.jpg

 

Je suis ensuite allé visiter l’incontournable citerne portugaise, oubliée pendant des siècles et retrouvée par un simple épicier qui voulait agrandir son échoppe. Les voûtes y sont magnifiques et une ouverture en son sommet éclaire la salle d’une lumière toute mystérieuse. Trois garçons se sont même déchaussés et se sont mouillé les pieds pour aller se prendre en photo près du puits central, environné d’eau !

 

eljadida04022007-018-5.jpg

 

A la fin de la journée, j’ai marché le long de la jetée d’où l’on a une vue panoramique sur la ville et je me suis assis pour attendre que le soleil se couche. Quelques pêcheurs étaient là. Deux d’entre eux ont sorti leur ligne de l’eau en même temps. Mais alors que l’un tenait un gros poisson, l’autre n’avait réussi à attraper qu’un tout petit habitant des mers, brun, aux écailles rayées. Il a rigolé et l’a jeté derrière lui. Un chat a déboulé de derrière le mini-phare posé à l’entrée de la jetée et est venu le renifler. Je pense que plus d’un parmi vous auraient eu le poil hérissé sur la peau en entendant les arêtes de ce pauvre petit poisson céder sous les crocs acérés du vorace félin. Je ne sais pas si les poissons souffrent, mais s’ils souffrent, et pourquoi ne souffriraient-ils pas, celui-là a terriblement souffert. C’est la terrible Loi de la Nature qui veut ça, Celle qui veut que les gros chats mangent les petits poissons. C’était écrit.

 

eljadida04022007-018-8.jpg

 

Moi aussi j’ai mangé du poisson à midi, au « Snack Cousteau », du poisson frit, déjà mort, mais enfin ce n’est pas beaucoup mieux. J’ai choisi un « plat varié », et non pas un plat avarié ! C’était succulent, il y avait des rondelles, des petits poissons charnus, des petits poissons plats et un gros poisson d’une trentaine de centimètres, avec deux sauces, l’une à base de tomate fraîche, l’autre orange ( ?), et deux petits pains ronds. Je me suis régalé. Je n’ai pas trop regardé le sol qui disparaissait à moitié sous les arêtes, les enveloppes de crevettes et la chapelure… Il était tard et apparemment, le snack avait eu pas mal de clients. Après mon repas, je suis allé boire un jus d’avocat de toute bonté. Comme c’est assez riche le jus d’avocat, il faut que je me restreigne car j’en boirais des litres. C’est presque aussi bon que le « jugo de tomato d’arbol » d’Equateur. Voilà pour le volet culinaire de ma journée.

A côté d’El Jadida, il y a une autre ville à visiter : Azemmour. Ce sera pour une autre fois.

Publicités