Archive de la catégorie «Excursions»

Sidi Kaouki, coquille de nacre sur langue de chat

mars 18, 2009

Il existe à une quinzaine de kilomètres au sud d’Essaouira un lieu où l’espace, le ciel et le vent retentissent plus encore qu’à Mogador. C’était la dernière étape de notre parcours le long de la côte atlantique, après El Jadida, Azemmour, Oualidia, Safi et Essaouira : la plage du marabout de Sidi Kaouki.

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La plage est immense, le ciel aussi. Nous avons dormi dans une auberge toute simple, avec de grandes chambres, un balcon donnant sur la mer, et la paix bercée par le bruit des vagues. Nous avons mangé dans une des petites gargotes un peu esseulées et peu achalandées qui se trouvent juste à côté.

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Un marabout très pittoresque semble y avoir été rejeté par les flots sur la plage comme une coquille nacrée sur une langue de chat, le joli biscuit sucré. Le bâtiment a donné son nom au lieu. La promenade sur la plage se poursuit jusqu’à, tout au bout, des cascades.

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Malheureusement, de grands hôtels, réceptacles d’un tourisme de masse désavantageux, sont en construction. Heureusement pour l’endroit, les travaux sont (étaient alors, il y a presque un an) en panne.

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L’arrière-pays, creusé puis arrondi de petites collines, et où poussent en quantité les arganiers, est magnifique.

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Vous en avez sans doute un peu assez des couchers de soleil… Oui mais il y en a un par jour ! Tant pis, je vous en fais partager un de plus.

Sur les hauts d’Essaouira

mars 14, 2009

L’or d’Essaouira, c’est le vent.

Entre Safi et Essaouira, on longe la côte rocheuse qui surplombe un cordon de plaine fertile. A proximité d’Essaouira, on traverse de vastes forêts de thuyas.

La plaine côtière

La plaine côtière

 

Forêt de thuyas

Forêt de thuyas

Le vent à Essaouira est partout. On se le prend dans la figure lorsqu’on se promène sur la sqala de la ville ou celle du port. Il vous caresse la joue quand monté sur la terrasse, vous prêtez l’oreille pour saisir la rumeur de la mer. On le sent sous les ailes des goélands qui en usent pour survoler les ruelles de la médina.

Les terrasses

Les terrasses

 

Près de la sqala du port

Près de la sqala du port

 

Reflets

Reflets

 

Jonathan Livingstone

Jonathan Livingstone

 

Retour de la pêche

Retour de la pêche

La médina elle-même est très aérée, dont le plan et ses larges rues rectilignes ont été dessinés au 18ème siècle par Théodore Cornut. Les sqala constituent de larges promenades, de puissants balcons d’où la vue sur la mer ne rencontre aucun obstacle.

Vue de la sqala du port (passage obligé)

Vue de la sqala du port (passage obligé)

 

Vue de la sqala de la ville

Vue de la sqala de la ville

 

Au spectacle 1

Au spectacle 1

 

Au spectacle 2

Au spectacle 2

 

Ce que nous regardions

Ce que nous regardions

Le port regorge de barques, de filets de pêche et de goélands, forme un trait d’union avec le large.

Le port d'Essaouira

Le port d'Essaouira

 

Jonathan est là lui aussi

Jonathan est là lui aussi

 

Et là aussi (sur la plage).

Et là aussi (sur la plage).

Essaouira, c’est une sensation bonifiante d’espace et une gorgée rafraîchissante d’azur infini.

A Safi (Fi Asfi)

février 15, 2009

Commençons par la fin : le magnifique coucher de soleil auquel nous avons assisté depuis la corniche de Safi, à deux pas du Château de la mer. No comment.

Coucher de soleil à Safi

Coucher de soleil à Safi

Commençons par le début. Contrairement à Rabat, Safi est une ville ouverte sur la mer, un port très ancien, ce que rappellent d’ailleurs les impressionnantes infrastructures du port minéralier, à deux pas du Château de la Mer, un peu disgracieuses il est vrai, mais scotchantes, et que les autorités souhaitent semble-t-il délocaliser pour rendre au bord de mer safiote tout son lustre.

La colline des potiers et le port minéralier depuis la Kechla

La colline des potiers et le port minéralier depuis la Kechla

Safi est célèbre pour sa colline des potiers. Safi, ville des potiers. Et du Musée national de la céramique, qui présente, dans le bâtiment historique de la Kechla ou Dar as-Sultan, des poteries dont les époques s’échelonnent depuis la présence phénicienne jusqu’aux grands artistes potiers du XXème siècle.

La Kechla depuis la colline des potiers

La Kechla depuis la colline des potiers

On y voit en particulier une importante margelle de puits d’époque almohade (XIIe siècle) en céramique vernissée verte avec un joli décor d’arcatures. Comme vous pouvez le lire sur le site Qantara – un projet Euromed que dirige Mme Bernus Taylor (mon professeur à l’Ecole du Louvre : je l’ai déjà remerciée sur ce site) et qui recense le patrimoine méditerranéen – elle appartient à tout un groupe de margelles de puits identiques répertoriées au Maroc et en Espagne. Le site Qantara décrit dans ses moindres détails la margelle de puits conservée au musée ethnographique de Tétouan : http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=254.

Margelle de puits almohade

Margelle de puits almohade

Mais on y voit aussi des pièces romaines, de la poterie rurale, de la poterie citadine de Fès, Meknès, Safi bien sûr… Et les réalisations issues des ateliers des céramistes safiotes du XXe siècle, et en premier lieu de celui de Boujemaâ Lamali qui réinterprète de manière virtuose la technique ancestrale du lustre. Boujemaâ Lamali a eu un destin marquant : élève de l’Ecole des Beaux Arts d’Alger, en mission d’études un temps à la Manufacture Nationale de Sèvres, il s’installe en 1918 à Safi. L’exposition « Sèvres/Safi – Le renouveau de la céramique en France et au Maroc autour des années 30 » présentée du 19 avril au 15 juin 2007 à l’espace d’art Actua, 60 rue d’Alger à Casablanca, a donné l’occasion de découvrir nombre de ses chefs d’œuvre. Je l’ai vue, et parole d’esthète-amateur, elle valait vraiment le coup !

Vase de l'école de Boujemaâ Lamali

Vase de l'école de Boujemaâ Lamali

La colline des potiers est l’attraction-phare de Safi. En contrebas s’alignent les boutiques où s’amoncellent les fameuses poteries de Safi. Dès que l’on gravit les marches pour voir de près le travail des artisans, un guide vous salue et la visite peut commencer. Et c’est très intéressant : au milieu des fours, qui font écho aux marabouts chaulés de blanc auxquels ils se mêlent, on découvre toute la chaîne de production et ses temps forts : le décantage de l’argile (et ses bassins), le tournage, le trempage, le séchage, la décoration, la cuisson… Quelques photos vous aideront à vous en faire une idée.

Four de cuisson et qubba

Four de cuisson et qubba

 

Bassin de décantage

Bassin de décantage

 

Jeune artisan au tour

Jeune artisan au tour

 

Aire de séchage

Aire de séchage

 

Intérieur de four de cuisson

Intérieur de four de cuisson

Enfin, la médina de Safi complètera dignement votre album photos. S’y rencontrent les reliques religieuses de ses différents occupants. Le minaret de la grande mosquée est d’époque almohade et a servi longtemps de clocher à la cathédrale portugaise dont on peut visiter le chœur, quant à lui pendant un temps reconverti en hammam, à quelques pas. Il conserve une grosse clef de voûte. Au nord de la médina, vers la colline des potiers, on remarque aussi la présence de l’église espagnole, aujourd’hui occupée par des familles. La médersa, au bout de l’artère principale de la médina, brille de mille feux.

Minaret almohade

Minaret almohade

 

Clef de voûte du choeur de la cathédrale portugaise

Clef de voûte du choeur de la cathédrale portugaise

 

Eglise espagnole

Eglise espagnole

 

La médersa dans la médina

La médersa dans la médina

Si vous quittez la ville vers Essaouira, comme nous le fîmes, vous ne pourrez manquer la zone industrielle des conserveries, qui se succèdent sur une distance incroyable. Un autre patrimoine.