Archives pour août 2007

Week-end à Marrakech

août 30, 2007

Je n’ai réalisé que j’étais à Marrakech (c’était en mai) que lorsque je me suis trouvé en face du minaret de la Koutoubiya : à lui seul, il vaut le déplacement.

Ce premier contact avec la ville a donc tenu ses promesses : ce n’est pas le cas du deuxième. Nous voulions, mes amis et moi, déjeuner. Nous avons atterri dans un riad joliment rénové : mais ce décor n’a pas suffi à notre bonheur. Ambiance feutrée, banquettes ikéa aux tons sable et crème, des pelletées de livres rangés sur des étagères, des photos noir et blanc accrochées au mur, des jus de fruits à un prix rédhibitoire : le lieu manquait d’authenticité, on était plus proche d’un café branchouille du 11 ième arrondissement de Paris que de la médina de Marrakech. Nous avons bu notre jus, puis nous avons poursuivi notre route.

 

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En la poursuivant, nous avons bien constaté que la ville n’est pourtant pas, loin s’en faut, dénuée de richesses. Les souks tentaculaires étalent leurs trésors au fil de larges ruelles, puis se perdent dans mille kissarias, les fondouks immenses dévoilent derrière un porche discret leurs fières et imposantes arcades, la fameuse place Djamaa el Fna se réveille à la nuit tombée, c’est une fontaine étincelante où le jus d’orange coule à flots pour seulement 3 dh le verre.

 

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J’ai été très impressionné par l’atmosphère qui régnait sur la place Djamaa el Fna la nuit. C’était samedi soir : y a-t-il toujours autant de monde ? Je me suis gavé de jus de fruits, d’escargots (que l’on déguste dans de petits bols), ainsi que du jus de cesescargots puisqu’il est très bon, paraît-il, de boire le jus qui reste dans le bol et où ont cuit les escargots (c’est un peu salé quand même). Je passerai sur les montreurs de singes et les musiciens gnaouas qui pour une photo m’ont réclamé une fortune. Là où il m’a semblé trouver le cœur vivant de la place, son âme, c’est dans les cercles qui se formaient autour des conteurs. C’était un réel plaisir de voir le visage des spectateurs s’illuminer soudain et de les voir rire à gorge déployée, à l’écoute d’un bon mot. Mais quelle tristesse alors de ne pas comprendre l’arabe ! Il y avait dans ces représentations beaucoup de naturel et d’authenticité. La place recèle un charme (au sens d’envoûtement) qui est indéniable, au point que jai éprouvé, sans même l’avoir vu venir, un sentiment « d’écrasement », de grande mélancolie, sentiment similaire à celui que j’avais pu ressentir à Venise, au contact de ses pierres et sous le poids de son histoire. Deux lieux éminemment touristiques et pourtant deux lieux magiques.

 

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Je m’aperçois que j’ai parlé d’argent à trois reprises. C’est qu’on fait de cette ville une grande publicité dans les magazines de déco, que donc elle est, comme je viens de le dire, très touristique, et que ses commerçants – Marocains ou Européens – comptent beaucoup sur les devises étrangères pour vivre pleinement leur eldorado. D’où la cherté (relative) des produits. Car en vivant au Maroc, j’ai malheureusement appris que, quelque élevé que soit le prix que payent les touristes, ils sont loin d’imaginer à quel point la vie peut être peu chère à certains endroits, et quelque exigeants que soient les commerçants (pas tous), ils sont loin de se rendre compte de quels sommets peut atteindre le pouvoir d’achat de ces mêmes touristes. Pour connaître l’écart de niveau de vie qui existe entre ici et là, entre un pays « du Sud » et un pays « du Nord », il faut avoir vécu dans les deux pays. C’est cette différence qui explique sans doute pourquoi les commerçants marrakchis, habitués à la transhumance régulière de consommateurs à l’occidentale, se lâchent avec allégresse quand ils affichent leurs prix, et pourquoi aussi de nombreux touristes incrédules prennent le Maroc pour un vaste supermarché à bas prix. Ces rapports sont les traces de l’injustice pérenne entre les pays du Nord qui détiennent les richesses et les pays du Sud qui galèrent, le Maroc essayant de capter une part de celles-ci via le tourisme. Cependant pour être plus complet, il faut ajouter qu’ici comme dans de nombreux pays, pauvres ou moins pauvres, plusieurs Maroc se côtoient, et que l’un d’entre eux en France serait soumis à l’ISF.

Patrimoine oral (on en a parlé), patrimoine matériel, Marrakech en est riche. La koubba almoravide fut un peu pour moi une « madeleine de Proust » et m’a transporté à l’époque où je suivais des cours d’histoire de l’art, rappelant à mon bon souvenir l’image chérie de mon professeur d’Arts de l’Islam.

 

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La madrasa (école) Ben Youssef, par son décor et ses dimensions, semblait un palais, aux chambres bien exiguës il est vrai. Elles devaient l’être pour le travail spirituel qu’on y effectuait.

 

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Des palais, nous en avons vu deux à Marrakech. Le premier, le palais el Badi, dresse des ruines imposantes dont les murs servent de perchoirs à une armée de cigognes. Elles donnent une petite idée de ce que fut un jour ce lieu, mais surtout, dans une salle à côté est exposé le minbar de la Koutoubiya, chef-d’œuvre absolu d’ébénisterie. Le minbar est une chaire à prêcher qui a la forme d’un escalier et que l’on utilise le vendredi lors de la grande prière. Celui-ci est une merveille d’assemblage et de préciosité. Il faut voir surtout la frise épigraphique qui court autour des joues du minbar, qui use de plusieurs essences de bois, et ce avec une élégance qui dépasse tout, les lettres étant sculptées avec hiératisme et nervosité, et cernées d’une autre couleur pour les révéler encore plus.

L’autre palais, le palais de la Bahia, foisonnait de stuc et de zelliges. Les patios et les cours se succédaient, pavés ou cultivés. Une large cour entourée d’une fine colonnade de bois m’a évoqué l’architecture coloniale, rapprochement abusif sans doute ?

 

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Les Tombeaux Saadiens, un autre rendez-vous touristique de la ville, ne manquaient pas de charme. Mais c’est le genre de lieu que l’on voudrait arpenter seul ou presque, au petit matin ou au crépuscule. Et là, les groupes se bousculaient au portillon.

Et que dire de la villa Majorelle ? Elle est colorée, c’est vrai. Son jardin est bien entretenu, c’est vrai. Son musée est plein d’intérêt, c’est vrai et c’est ce que j’ai préféré. Mais l’endroit était gavé de touristes. On ne pouvait pas faire un pas sans buter contre une Espagnole, un  Français ou des Allemands en short. Pour être franc, nous avons tout de même à un certain moment croisé un couple de Marocains. Je ne sais plus exactement comment ils étaient habillés, mais je peux certifier qu’il s’agissait de nationaux. Une petite enclave européenne à Marrakech en somme, comme il en existe beaucoup.

 

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Sidi Abderrahmane : un Mont Saint Michel sur la corniche de Casabalanca

août 26, 2007

En mai, alors que je recevais la visite d’amis, nous avons passé une journée à Casablanca. Je les ai conduits à un endroit où je n’avais jamais mis les pieds mais à la connaissance duquel l’article qui lui était consacré dans mon guide touristique me portait irrésistiblement : il s’agissait de Sidi Abderrahmane, à l’extrémité sud de la corniche de Casablanca, un rocher surmonté d’un marabout et supportant également quelques maisons.

 

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C’est un petit Mont Saint Michel (à condition que les travaux qui concernent ce dernier lui rendent son statut d’île), puisque suivant la marée, le rocher est accessible, ou non, à pied. S’il ne l’est pas, de grosses bouées gonflables noires sont un bon moyen pour y accoster.

 

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J’avoue avoir passé à cet endroit un vrai bon moment de vacances d’été avant l’heure (eh oui, à l’époque elles n’étaient même pas encore commencées ; aujourd’hui, elles sont presque finies).

De la plage on apercevait le phare et le minaret de la mosquée d’Hassan II.

 

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J’aimais voir les parasols et les dames casablancaises assises en dessous qui me rappelaient certaines toiles d’Eugène Boudin décrivant les plages de la côte fleurie (qui n’est d’ailleurs pas si loin du Mont Saint Michel). Je croyais déceler dans ce bout de côte un petit air de plage normande.

 

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Les enfants qui barbotaient, les pêcheurs qui titillaient le merlu complétaient admirablement le tableau.

 

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C’était parfaitement délicieux (à prononcer sur un ton « 16 ième arrondissement de Paris »). Tout était réuni : l’air marin, la foule animée, l’efflorescence argentée de l’onde, une glace « Titan » dans la main…

Car il manquait un détail : la glace. « Titan », c’est une marque qu’on trouve au Maroc, un succédané en quelque sorte du « Magnum ». Je me suis donc approché d’un kiosque et ai fait l’acquisition, non pas d’un « Magnum », comme j’aurais pu le faire au Mont Saint Michel ou partout ailleurs en Europe, mais d’une glace « Titan ». C’est tout de suite plus classe, n’est-ce pas ? C’est ce genre de détails qui vous fait apprécier le décalage que présente la situation : je ne me promenais pas sur la corniche avec un vulgaire « Magnum » au bout de la langue mais je dégustais une glace « Titan » marocaine.

 

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Nous avons pris le chemin du retour en suivant la promenade le long de la route côtière. Nous avons croisé un cheval qui n’était pas sans évoquer les poneys de Polly Pocket (je ne sais pas ce que j’ai aujourd’hui avec les marques, sus aux marques !). Puis nous avons hélé un taxi qui nous a emmenés dans le centre ville.

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Bouquet du désert

août 25, 2007

Je clos ma série d’articles sur mon excursion dans le désert début mars avec quelques exemples de ce que j’ai pu rencontrer là-bas en matière de flore et de faune : des lauriers roses à l’ombre des flancs du djebel Bani d’abord.

  

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Beaucoup de petites fleurs avaient aussi poussé après que la pluie était tombée quelque temps auparavant.

  

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J’ai été assez étonné par le grand nombre d’oiseaux qui nous ont ravi par leur chant tout au long de notre route. J’en ai surpris un sur une terrasse de la kasbah d’Ouled Driss et capturé un autre en photo sur la branche d’un acacia.

 

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J’ai croisé une sauterelle un peu seule.

  

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Voyez aussi la gueule avantageuse d’un vieux chameau qui semblait poser exprès pour mon bon plaisir, dans un enclos à quelques pas de la palmeraie d’Ouled Driss.

 

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