Promenade rbatie au fil des plaques d’architectes

novembre 8, 2009 par jyroc

Elles ne sont pas très nombreuses, ces précieuses plaques qui nous renseignent sur l’identité des architectes à l’origine des immeubles qui bordent les rues de la capitale marocaine. En s’y promenant, on en repère cependant quelques unes, et elles permettent de faire resurgir du passé une équipe de bâtisseurs en évoquant – suivant des contours flous – leur activité à Rabat.

Elles figurent sur des rectangles de pierres rivés au mur ou bien sont tracées en creux directement sur la paroi. Elles comportent le nom de l’architecte souvent accompagné de celui de l’entrepreneur, ou bien figurant seul, mais on en trouve parfois aussi certaines uniquement marquées du nom de l’entrepreneur qui a mené à bien l’élévation du bâtiment. En voici par exemple un exemple, quartier de l’Océan, à deux pas de l’ancienne église Saint Joseph, aujourd’hui reconvertie en salle Mehdi Ben Barka :

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Elles ont été préservées, ou ont disparu sous un revêtement de carreaux de céramique, sous une enseigne de magasin.

Faisons donc quelques pas dans ces rues, au creux des sentiers battus, parcourons-les d’une façon chronologique, le nez toujours en l’air – à nos risques et périls – et le regard aux aguets pour ne manquer aucune de ces rares inscriptions.

Notre tranquille périple débute avec un immeuble qui semble daté du tout début du Protectorat, des années 10 : il s’élève au coin des rues Benzerte et Benghazi, à quelques pas de la place Moulay Hassan (si mes souvenirs sont bons). L’immeuble est remarquable notamment par l’oriel à trois pans qui saille le long des trois étages de la construction, et par la pergola qui protège la terrasse au dernier niveau, côté rue Benghazi. L’architecte qui en est à l’origine se nomme N. Guercin. Difficile d’en savoir plus.

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Place Mohammed V (la place de la gare Rabat-Ville), en vis-à-vis de part et d’autre de l’avenue, en direction de la mosquée Es-Sounna, deux autres immeubles sont signés. Côté  gare, l’hôtel Terminus conserve sous sa colonnade à l’angle de l’immeuble, au niveau de l’enseigne, une imposante plaque inscrite « Castaing et Cie ». En face, côté cathédrale, un autre immeuble bien reconnaissable par sa façade tripartite, avec un avant-corps central imposant recouvert d’un discret décor gaufré tapissant et couronné d’une frise en céramique marron et d’un toit de tuiles vertes plat, nous interpelle avec deux plaques en zelliges, l’une portant un nom d’architecte : « L. Dumas », l’autre, plus grosse, celui sans doute d’une société : « Sanac ».

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Nous avons déjà évoqué sur ce site la fructueuse collaboration, notamment à Casablanca, des architectes Balois et Boyer (années 20, leur association ayant pris fin dans les dernières années de la décade). Il faut remonter la rue Moulay Youssef, en direction de Bab Rouah, et bifurquer à gauche dans la rue al Khalil, puis à droite dans la rue Karbala, vers le Méchouar, pour admirer quelques façades imaginées par le tandem. Elles sont résolument art déco, décorés de faisceaux, d’ocelles et de résilles, résolument symétriques et plastiques aussi, la première avec ses deux solides balcons supportés chacun par quatre sobres consoles, et sa cage d’escalier qui se projette dans le ciel d’un étage, et la deuxième encadrée de deux avant-corps, répartis de chaque côté de six baies traitées en galerie, et reliés au premier étage par un balcon en continu. On remarquera avec une pointe d’attendrissement que le motif de la balustrade de ce dernier reprend avec beaucoup d’élégance, mais aussi de discrétion, le décor de la partie supérieure de la façade, constitué de cercles et de lignes parallèles. C’est touché au cœur peut-être aussi que l’on admirera le décor de la porte d’entrée en fer forgé de l’immeuble de gauche : à l’intérieur de deux carrés situés en haut se déploie un signe qui semble être constitué de deux B superposés, comme Boyer et Balois, double signature d’un double architecte ! On connaît aussi l’entrepreneur, un certain R. Sbergia.

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Pour les années 40 (il commence à construire à Casablanca en 1943), un architecte semble assez bien représenté à Rabat, et l’on trouve un nombre assez conséquent de plaques à son nom : il s’agit d’Albert Planque. Les immeubles sont modernistes, comme celui de la rue Benzerte, cinquante mètres plus loin que l’immeuble sus-cité de Guercin. La façade à trois pans, en léger porte-à-faux sur la voie, est ornée d’un faisceau de rubans reliant les ouvertures aux premier et deuxième étages. Tout près, sur une petite place, un immeuble se déploie en arrondi à l’angle de deux rues, Abou al Faris al Marini et Hay Med Emfal, avec au milieu, fendant à partir du premier étage seulement la façade de la rue principale, et comme engagée dans le mur, une élégante tour d’escalier tubulaire. En continuant rue Benzerte, on tombe sur une villa : la façade s’avance sur pilotis et crée un espace protégé, façade séparée en trois parties, chacune en retrait par rapport à la précédente, ces décrochements créant un espace pour une petite terrasse à l’ombre d’un auvent. En face s’élève un étonnant immeuble dont le traitement de la façade, avec ses balcons prismatiques, évoque un nid d’abeille, ce qui n’est pas sans rappeler l’immeuble Ettedgui-Mellul de Casablanca par Balois. Enfin plus loin, derrière la gare de Rabat ville se concentrent trois œuvres de l’artiste, suivant la disposition suivante : deux le long des voies de chemin de fer rue Zahla, le troisième rue Attayet, parallèle. Même architecture, façades modernistes et plastiques, avec de massifs balcons qui en jaillissent. Pierre Marciano et J-M Vargues en sont les entrepreneurs.

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La promenade se poursuit avenue Allal Ben Abdellah et rue Al Jabli, où F. Robert, l’architecte du Parlement, a établi les plans d’une poignée d’immeubles aux lignes fluides sur l’avenue, plus raides rue Al Jabli.

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Pour conclure, le souvenir d’une plaque, qu’au début de mon séjour à Rabat j’ai essayé de déchiffrer, et qui par la suite a disparu sous l’enseigne de la banque qui occupe l’immeuble où elle se trouve : le nom disparaissait englouti par plusieurs badigeons de peinture. Il s’agissait peut-être de J. Couelle, sans certitude aucune.

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Sans doute le recensement de ces immeubles a-t-il déjà été effectué par le ministère de la culture marocain, mais cet article, avec le souci d’aiguiser le regard du promeneur, attirera j’espère son regard sur ces petites plaques.

Une interview de récupérateurs urbains à Rabat

juin 27, 2009 par jyroc

Quand je suis arrivé à Rabat, j’ai tout de suite été intrigué par un certain nombre de personnes qui circulaient dans les rues en tirant derrière elles un chariot, le plus souvent rempli de cartons, parfois débordant de grosses bouteilles vides d’huile d’arachide. Leur attirail est en effet assez spectaculaire et leur utilité n’était pour moi pas à première vue évidente. En me renseignant plus avant, j’ai appris qu’ils s’agissaient de « récupérateurs ambulants », appelés aussi « récupérateurs urbains », investis dans une filière informelle de récupération de déchets.

 

Chariot dans l'Agdal

Chariot dans l'Agdal

 

Dans le centre ville

Dans le centre ville

 

Près des chèques postaux

Près des chèques postaux

 

Derrière le lycée Gouraud

Derrière le lycée Gouraud

 

Plus tard, dans le cadre d’un projet scolaire sur l’environnement, et plus précisément le traitement des déchets, nous, professeurs et élèves, avons demandé à trois récupérateurs urbains de venir nous parler de leur activité de collecte des déchets. Plusieurs ont accepté de répondre à nos questions, comme un travail.

Ils étaient trois, Mohammed, Aïssam et Hicham. Mohammed était le plus âgé, parlait assez bien français de telle sorte que l’échange, plus direct, en a été facilité. Aïssam était le plus jeune. Hicham avait une trentaine d’années. Les questions et les réponses ont été posées par les élèves en darija. Un professeur, ou bien les élèves eux-mêmes, faisaient la traduction.

Auparavant, nous avons fait un travail de recherche sur la filière informelle de récupération des déchets au Maroc à l’aide d’un document très didactique de l’association ENDA Maghreb trouvé sur internet : « La filière informelle de récupération et de recyclage des déchets solides au Maroc ». D’après ce document (consultable à l’adresse suivante : http://www.enda.org.ma/IMG/Depliant_d_information_sur_la_filiere_informelle_de_recuperation_des_dechets_menagers.pdf ) : « Toutes ces personnes contribuent à récupérer et recycler près de 10 % des déchets ménagers de Rabat et Salé. Cela représente environ 1300 tonnes de déchets récupérés et recyclés par mois et une économie pour les services municipaux de collecte de plus de 16 000 DH par mois ».

Nous nous sommes intéressés à cette activité ailleurs dans le monde également, avec l’exemple des « Cartoñeros » de Buenos Aires en Argentine, ou en France à travers le film d’Agnès Varda intitulé « Les Glaneurs et la glaneuse ». Voici le lien vers un article de mars 2007 sur les cartoñeros disponible sur Libé.fr : http://www.liberation.fr/grand-angle/010195655-petits-eboueurs-au-ban-de-la-ville et un lien vers une partie du film d’Agnès Varda visible sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=gcduo8-GjFs&hl=fr .

Enfin nous avons préparé un questionnaire complet, en trois points : le premier portait sur les déchets eux-mêmes, le deuxième sur les conditions de travail des récupérateurs et le troisième sur la perception de leur activité par le tout-venant.

L’échange s’est révélé très instructif et très enrichissant. J’ai pris pendant l’entretien des notes, que j’ai retranscrites sous la forme d’une interview questions/réponses. Les réponses telles que les ai après coup rédigées ne trahissent pas, j’espère, la parole des interviewés. Voici le résultat de la rencontre.

 

Entre les murs

En classe avec les récupérateurs

 

Interview

 

             I.      Les déchets

a)      Nous : Quels types de déchets récupérez-vous ?

Les récupérateurs ambulants : Nous récupérons toutes les sortes de papiers, le carton, le  plastique (les bouteilles à part), le verre, les pneus en  caoutchouc, les métaux (fer, aluminium, cuivre, plomb…), parfois le tissu.

b)      Nous : Ramassez-vous aussi les CD ?

L.R.A. : Certains les ramassent, pas tout le monde.

c)      Nous : Combien de déchets récupérez-vous par jour ?

L.R.A. : Toutes catégories mélangées, nous ramassons chacun, par jour, sur notre chariot, entre 200 et 300 kg de déchets.

d)     Nous : Quels sont les déchets qui ont le plus de valeur ?

L.R.A. : Ce sont tous les déchets qui ont une origine minérale, les métaux, le cuivre, le plomb…

e)      Nous : Où est-ce que vous allez chercher les déchets ?

L.R.A. : Nous les ramassons dans les poubelles. Nous avons également des clients qui nous contactent par téléphone ponctuellement lorsqu’ils ont des déchets dont ils veulent se débarrasser. Nous les collectons partout, dans tous les quartiers, chacun à un endroit donné.

f)       Nous : Est-ce que vous faites un trajet précis ?

L.R.A. : Oui, nous faisons le même circuit.

e)      Nous : Que faites-vous de ce que vous récupérez ?  

L.R.A. : Nous le trions, puis en fonction du tri, nous nous dirigeons vers l’acquéreur qui nous l’achètera au meilleur prix.

f)       Nous : Où est-ce que vous les vendez ?

L.R.A. : Nous les apportons dans des entrepôts où des intermédiaires les stockent et les trient une fois encore pour les revendre ensuite.

g)      Nous : Est-ce que vous ne faites que les vendre ?

L.R.A. : Oui.

h)      Nous : Où se trouvent les centres de recyclage s’ils existent ?

L.R.A. : Le papier (blanc, coloré, papier glacé…) va à Oulja, où il est stocké et retrié, puis part à Kénitra où il est recyclé dans des usines.

i)        Nous : Est-ce que les acheteurs ne sont pas embêtés par l’état des déchets ?

L.R.A. : Non, pas du tout, ils sont très demandeurs, quel que soit l’état des déchets, du moment qu’ils sont livrés. Ils en veulent toujours plus. Il existe beaucoup de concurrence entre les acheteurs pour acquérir le résultat de la collecte des déchets.

j)        Nous : Est-ce qu’il vous reste parfois des déchets ? Si oui, qu’en faites-vous?

L.R.A. : Non, il ne reste rien, tout est acheté. Nous ne ramassons que ce que nous savons que nous allons vendre.

 

          II.      Les conditions de travail

  • organisation:

k)      Nous : Comment êtes-vous organisés ? Est-ce que vous travaillez dans un secteur géographique particulier ?

L.R.A. : Oui, chacun a sa zone de collecte propre, des places réquisitionnées, ce qui provoque parfois des rixes entre les récupérateurs ambulants.

l)        Nous : Est-ce que vous travaillez même s’il pleut ?

L.R.A. : (rires). Même avec la pluie. Par tous les temps.

m)    Nous : Combien d’heures travaillez-vous par jour ?

L.R.A. : Ca dépend. Nous travaillons au maximum cinq heures par jour, à cause de la fatigue, physique d’une part, mais aussi morale. Les gens ne sont pas humains. Nous sommes pointés du doigt, parfois insultés ou expulsés. Nous sommes alors démoralisés. Nous essayons de discuter, et parfois certains en viennent aux mains.

n)      Nous : Quand commencez-vous à travailler et quand finissez-vous ?

L.R.A. : Nous nous répartissons en deux groupes. Les uns travaillent de jour, de 7-8 heures le matin environ jusqu’à 16 heures, avec une pause méridienne de 12 à 14 heures. Les autres travaillent de nuit, à partir de 21 heures jusqu’à une ou deux heures du matin. Ils ne veulent pas être vus.

  • o)      Nous : Est-ce que vous travaillez toute l’année ?

L.R.A. : Nous n’avons pas de vacances. Nous nous reposons uniquement à l’occasion des fêtes religieuses, pour le regroupement familial. Les autres fêtes sont une opportunité pour nous de travailler plus, car les gens consomment davantage et font plus de déchets.

  • précautions:

p)      Nous : Est-ce que vous prenez des précautions ?

L.R.A. : En règle générale, non. Certains, parce qu’ils ont des allergies, mettent des tissus comme protection.

q)      Nous : Est-ce que vous prenez des précautions concernant des déchets qui pourraient être toxiques ?

L.R.A. : Non. C’est un problème.

Mohamed : Par exemple, une fois, j’ai plongé la main dans un sac qui était rempli de seringues usagées, et je suis resté coincé un moment.

r)       Nous : Est-ce que vous êtes déjà tombés malades à cause de votre activité ?

L.R.A. : Nous sommes exposés à la grippe, à cause du froid, aux insolations. Nous avons entendu parler d’un homme qui était mort car il avait mangé quelque chose de mauvais.

Mohamed : Pour ma part j’ai attrapé la typhoïde à trois reprises.

  • règles :

s)       Nous : Est-ce qu’il y a des règles à respecter et si oui lesquelles ?

L.R.A. : Nous ne devons pas déranger la circulation, laisser traîner des déchets, ni déranger les habitants. Ce sont les principales règles à respecter.

t)       Nous : Est-ce que des femmes font ce travail ?

L.R.A. : Certaines femmes font ce travail dans les décharges, comme à la décharge d’Akreuch. Des enfants y travaillent aussi. Ils utilisent des fourches.

u)      Nous : A partir de quel âge avez-vous commencé à travailler ?

Mohamed : Pour ma part j’ai poursuivi mes études jusqu’au baccalauréat. Comme ensuite je ne trouvais pas de travail, je me suis engagé dans cette activité pour subvenir aux besoins de ma famille.

Aïssam : Je suis allé à l’école jusqu’au CE1 puis j’ai commencé cette activité à l’âge de sept ans. Mon père était récupérateur comme moi.

Hicham : J’ai quitté l’école à 10 ans et j’ai alors commencé cette activité.

  • activité:

v)      Nous : Est-ce que vous pouvez vivre avec ce que vous gagnez ?

L.R.A. : Nous gagnons entre 70 et 80 dirhams par jour.

w)    Nous : Est-ce que vous êtes employés ?

L.R.A. : Non, nous travaillons pour notre propre compte.

x)      Nous : Est-ce que vous travaillez en groupe ou seuls ? Avez-vous des concurrents? 

L.R.A. : Nous travaillons seuls, pas en équipe. Il existe parfois une concurrence, comme nous l’avons déjà précisé, entre les récupérateurs, qui est liée à la zone de collecte.

 

       III.      La perception de l’activité par la population

y)      Nous : Est-ce que vous allez voir des particuliers ?

L.R.A. :: Comme nous l’avons dit, nous avons des clients qui nous appellent pour venir collecter leurs déchets.

z)      Nous : Comment êtes-vous perçus par la population ?

L.R.A. : Généralement assez mal. Ce métier ne bénéficie ni de reconnaissance, ni de récompense.

aa)   Nous : A votre avis, pour quelles raisons désire-t-on acheter ce que vous récupérez?

L.R.A. : On nous achète ces déchets pour qu’ils soient recyclés.

bb)  Nous : Lorsque vous menez votre activité, êtes-vous conscients que vous faites un geste pour l’environnement?

L.R.A. : Certains d’entre nous en sont conscients, mais pas tout le monde. D’autres font cette activité pour l’argent et c’est tout.

cc)   Nous : Merci pour votre participation à cette interview qui nous permet de mieux connaître votre activité.

 

Bien sûr, nous aurions pu poser bien d’autres questions. Je regrette par exemple que nous ayons oublié de leur poser une question essentielle, celle de savoir selon ce qui pourrait les aider à mener à bien leur activité.

Flore urbaine et jardins de villas à Rabat

juin 13, 2009 par jyroc

Le Maroc a la réputation d’être un pays aride, mais il est riche d’une flore variée. Au confluent de plusieurs climats et émaillé de paysages contrastés, elle est très diversifiée et je dirais même synthétique, dans la mesure où elle réunit à travers elle des horizons très éloignés, du tempéré au plus exotique.

On s’en rend compte par exemple quand on arpente les allées des jardins de Sidi Bouknadel, où ficus benjamina et palmier se côtoient et où le bougainvillée épouse le datura. Du jardin andalou conçu sur une trame géométrique à la luxuriance antillaise, en passant par de paisibles étangs gorgés de nénuphars et de batraciens enjambés de petits ponts japonais, cet espace se veut une heureuse compilation de la végétation du globe.

 

Jardins exotiques de Sidi Bouknadel

Jardins exotiques de Sidi Bouknadel

 

Hibiscus à Sidi Bouknadel

Hibiscus à Sidi Bouknadel

 

Cascade de datura à Sidi Bouknadel

Cascade de datura à Sidi Bouknadel

 

C’est particulièrement vrai pour la flore urbaine, celle dont j’observe les efflorescences tous les jours à Rabat, qui emprunte à la fois à la Méditerranée et aux tropiques. Si l’oranger, le mimosa, le laurier rose, l’hibiscus, la glycine, le datura se rencontrent aussi en Europe, le jacaranda et le bougainvillée, originaires du Brésil, et surtout, plus spectaculaire encore, le flamboyant, venu des régions tropicales, prospèrent aussi au Maghreb, séduits par ses chaudes températures.

 

Glycine (Agdal)

Glycine (Agdal)

 

Laurier rose et jacaranda (jardin des Oudaïas)

Laurier rose et jacaranda (jardin des Oudaïas)

 

Bougainvillée en suspension (Avenue de la Victoire)

Bougainvillée en suspension (Avenue de la Victoire)

 

Arbre en fleurs (près de la Cathédrale de Salé)

Arbre en fleurs (près de la Cathédrale de Salé)

 

Jacaranda (Oudaïas)

Jacaranda (Oudaïas)

 

Datura (Kasbah des Oudaïas)

Datura (Kasbah des Oudaïas)

 

Flamboyant (Agdal)

Flamboyant (Agdal)

 

Flamboyant (Agdal)

Flamboyant (Agdal)

 

Bougainvillée (Agdal)

Bougainvillée (Agdal)

 

Oranger (Agdal)

Oranger (Agdal)

 

Cela me conduit à parler une fois de plus des villas de Rabat, dont je vous montre ici un très, très bel exemple, en forme de pense-bêtes :

 

Villa avenue Michlifen

Villa avenue Michlifen

 

En effet, il est un élément qui n’est pas pour rien dans le charme indéniable qui se dégage de ces constructions : c’est le jardin. C’est que souvent ces villas disparaissent derrière un mur élevé d’où dépassent, débordent, se déversent, se répandent mille et une essences de plantes, dégorgeant leurs bleus, rouges, oranges, violets et jaunes sur le trottoir sans aucune pudeur. Et on aimerait pénétrer dans ces enclos bien gardés, ces havres paisibles comme des patios traditionnels, où les regards sont interdits et les discours bien gardés. A chaque fois qu’une villa est rasée, elle emporte avec elle son jardin, son territoire, parfois assez vaste, rempli d’arbustes fleuris, d’arbres centenaires (ou presque), intimité comprise.

 

Jardin avenue Michlifen (Agdal)

Jardin avenue Michlifen (Agdal)

 

Villa art déco

Villa art déco

 

Villa angle avenue Fal Ould Oumeir et rue Oued Baht (Agdal)

Villa angle avenue Fal Ould Oumeir et rue Oued Baht (Agdal)

 

Villa (Agdal)

Villa (Agdal)

 

Villa avenue Bab Soufara

Villa avenue Bab Soufara

  

Mais les petits jardins nous mènent aux grands jardins, avec cette photo d’un « palmier plumeux » du Jardin des Essais, parc hérité du plan Prost qui va bientôt rouvrir ses portes totalement restauré.

 

Le Jardin des Essais rouvre ses portes (bientôt)

Le Jardin des Essais rouvre ses portes (bientôt)